Verres à pied

Verres à pied

V comme… Verres à pied

Verres à pied

Les verres à pied sont tout aussi importants que les assiettes lorsque l’on dresse la table pour recevoir des convives. Ils permettent de profiter pleinement des saveurs du vin et du champagne, et leur dimension esthétique contribue grandement à une décoration de table réussie.

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Quelle est l’origine des verres à pied?

Le vin a été présent à table bien avant l’invention des verres à pied. Il a longtemps été bu dans des gobelets faits de métal ou de terre cuite.

A partir de la fin du 13ème siècle, l’industrie du verre se développe à Venise, et s’installe sur l’île de Murano. Peu à peu, les techniques de verrerie se répandent en Italie, puis dans toute l’Europe. Dès le 15ème siècle, en France, les classes les plus aisées dégustent leur vin dans des verres, tandis que l’usage des gobelets se poursuit parmi les classes populaires.

A partir du 17ème siècle, les verres à pied deviendront la norme chez les plus aisés. A l’époque, la raison n’est ni gustative, ni esthétique : il s’agit d’une question de survie ! Entre 1679 et 1682, se déroule ce que l’on appelle « l’affaire des poisons ». Sous le règne de Louis XIV, une série de tentatives de meurtres par empoisonnement cible alors plusieurs membres de l’aristocratie française. Plus de 400 personnes se retrouveront sur le banc des accusés.

Les artistocrates décident dès lors de boire leur vin exclusivement dans des verres à pied, pour éviter les tentatives d’empoisonnement. Les domestiques qui remplissent les verres ont pour consigne de les tenir par leur socle, en laissant la tige et le calice apparents. Leur main ne s’approche ainsi jamais du verre, ce qui réduit drastiquement les possibilités d’y glisser du poison.

Par la suite, des spécialistes comme Claus Riedel, qui fut longtemps à la tête de la célèbre entreprise de verrerie Riedel, mirent en avant les atouts gustatifs offerts par les verres à pied.

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Pourquoi boit-on le vin dans des verres à pied?

Les verres à pied présentent deux avantages permettant de tirer profit de toutes les saveurs d’un vin. Tout d’abord, la présence du pied, par lequel les verres à vin doivent normalement toujours être tenus, permet d’éviter que le vin ne se réchauffe trop vite au contact des mains sur le verre.

Deuxième avantage : le pied permet de saisir le verre de manière à faire tourner le vin afin qu’il s’aère et puisse révéler tous ses arômes.

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Quelles sont les différentes parties d’un verre à pied?

Un verre à pied se compose de 3 parties : le contenant en lui-même, que l’on appelle calice ; le pied, dont le nom exact est la tige, et enfin la base, aussi nommée socle.

Le calice est lui-même composé de plusieurs parties:

•              Le buvant : il s’agit du rebord du verre, sur lequel se posent les lèvres. Plus il est fin, plus le verre à pied est élégant et plus il est agréable d’y déguster son vin;

•              La cheminée : ce terme désigne les parois du verre. La plupart du temps, elles se resserrent vers le haut, ce qui permet de sentir et d’apprécier tous les arômes du vi ;

•              L’épaule : c’est la partie la plus large du verre, et plus précisément du calice. Elle sert de jonction entre la cheminée et la paraison;

•              La paraison : il s’agit du fond du calice, dont le diamètre varie.

 La forme des verres à pied varie pour des raisons esthétiques, mais avant tout pour des raisons pratiques car, selon le type de vin, le besoin en oxygénation n’est pas le même. Ainsi, les vins blancs légers se contentent très bien de verres à pied avec une cheminée resserrée, tandis qu’un Chardonnay, par exemple, aura besoin d’une ouverture plus importante pour bien s’aérer et révéler tous ses arômes.

Les vins rouges doivent être servis dans des verres à pied ayant un calice assez large pour pouvoir s’oxygéner. Leur contenance est généralement plus importante, car ils n’ont pas besoin d’être renouvelés aussi souvent que les vins blancs, servis plus frais.

Si vous souhaitez faire le service dans les règles de l’art pour que vos invités profitent pleinement des saveurs du vin, ne remplissez les verres à pied qu’à un tiers lorsque vous servez du vin blanc, ce qui permettra de le renouveler plus fréquemment et donc de le boire toujours à la température idéale. Pour le vin rouge, vous pouvez remplir les verres de moitié. 

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Comment placer les verres à pied?

Les verres de table sont, dans les repas formels, disposés suivant un ordre précis. Les différents verres à placer sur la table sont les suivants : les verres à eau, qui peuvent être des verres à pied sans pour autant que ce soit une obligation, les verres à vin rouge, les verres à vin blanc, et les flûtes ou coupes de champagne.

Les verres doivent normalement être positionnés de gauche à droite, en commençant par le plus grand et en finissant par le plus petit.

Si le verre à eau est muni d’un pied, ce sera normalement le verre le plus grand. Dans ce cas, il devra être placé le plus à gauche. S’il n’a pas de pied, il sera le plus petit des verres de table et devra donc être placé tout à droite.

Après le verre à eau, vient le verre à vin rouge puis, à sa droite, le verre à vin blanc. Vous avez prévu de servir du champagne ? Placez la coupe entre le verre à eau, tout à gauche, et le verre à vin rouge, mais sur une deuxième rangée pour ne pas briser l’alignement. Si vous souhaitez servir le champagne dans des flûtes plutôt que dans des coupes, vous pouvez placer la flûte à gauche du verre à eau.

En France, la coutume est d’aligner les différents verres à pied en suivant une diagonale, à la différence du Royaume-Uni où les verres sont traditionnellement disposés sur une droite parallèle au bord de la table.

Si vous recevez des amis, vous pouvez bien entendu être moins formel. En revanche, évitez à tout prix les traces de doigt sur les verres à pied ! Pour cela, après les avoir lavés, faites bouillir une casserole d’eau chaude et placez les verres, en les tenant à l’envers par la tige, au-dessus de la vapeur. Essuyez-les ensuite avec un chiffon doux, idéalement un tissu microfibre. Ils seront brillants et sans aucune trace. 

Article rédigé par Thierry Villotte